L’Ultra Ski Touring Courchevel : Millet Everest 2022
Après le succès de l’édition 2021
du défi Millet Everest, l’Ultra Ski Touring Courchevel (USTC) était de retour
sur la station ce week-end du 5 et 6 mars. 36 skieurs alpinistes avaient pris
le départ de cet Ultra en ski alpinisme en 2021. Une première mondiale qui
consistait à réaliser 9000m D+ en enchainant 18 montées sur le parcours de
vertical race des Millet Ski Touring Courchevel (3,2km / 500m D+) dans un laps
de temps imparti. Ce défi de folie qui consiste à atteindre le sommet de
l'Everest en partant du niveau de la mer est un superbe concept qui permet à
chaque participant de trouver sa limite en termes de dénivelé. Pour l'emporter,
il faut user de stratégie en gérant les temps de pause, l'alimentation, le
changement de vêtements entre chaque ascension car seules les montées sont
chronométrées.
L’année dernière, le défi s’est
déroulé sur 2 journées avec une nuit sous tente imposée. Au final, 34
concurrents sont arrivés au bout après avoir réalisé 5000m D+ la première
journée dans un laps de temps de 10h et 4000m D+, la seconde journée en moins
de 8h. Cette année, les organisateurs ont placé la barre encore plus haute en
proposant une formule non-stop sur une durée de 20h qui s’est déroulée en 2
phases avec seulement 2h obligatoires de pause :
- la 1ère dite de qualification «
M3000 » a débuté à 13h le samedi 5 mars pour se terminer à 19h. Sur ces 6
premières heures de course, 3000m D+ devaient être gravis pour pouvoir
continuer l'ascension de nuit.
Cette qualification validée, les
participants devaient respecter une période d'acclimatation obligatoire de 2h
au Camp de Base de l'Everest sur le front de neige de Courchevel, où était
projeté sur écran géant le film « Everest 2021 » en présence de Jonathan Lamy
qui a réalisé l'ascension le 23 mai 2021.
-la 2ème dite ascension finale
s’effectuait de nuit à partir de 21h jusqu'au lever du soleil à 9h le dimanche
6 mars.
Au final, il n’en restera
qu’un : Mathys Coutton-Jean
28 concurrents étaient au départ
de cette seconde édition du L’USTC unique au monde. L’émulation était au
rendez-vous dès l’entame du challenge avec d’excellents chronos enregistrés sur
les premières montées de la phase de qualification. Au fil du temps, la
difficulté de l’épreuve se faisait sentir et les premiers abandons arrivaient
au bout de 2 ascensions pour les moins aguerris. Au final, 20 participants ont
validé la qualification des M3000 et seulement 15 d’entre eux ont eu le courage
de repartir à 21h pour l’assaut final de nuit.
Au coucher du soleil, les
températures ont chuté brutalement (-15°), le vent se levait. Il fallait être
fort physiquement et mentalement pour aller au bout. Des conditions difficiles
qui marquaient considérablement les corps des Ultra skieurs alpinistes au fur
et à mesure des grimpées. Dans le camp de base, les visages étaient meurtris
par le froid, certains avaient du mal à s’alimenter, les jambes étaient
fatiguées. On se croyait dans la zone de la mort à plus de 8000m d’altitude.
Entre minuit et 1h du matin, le moral était au plus bas et les abandons
commençaient à s’enchainer. Le défi semblait irréalisable et on commençait à se
dire que le vainqueur serait celui qui arriverait le plus loin. Les pauses
entrecoupées de moments de somnolence se multipliaient. Elles étaient de plus
en plus longues à l’image de Jonathan Lamy, qui avant de repartir faire une
seconde ascension de l’Everest (le vrai) en avril prochain, a dû se reposer de
longues heures vers 3h du matin avant de retrouver l’énergie suffisante pour
valider en finalité 14 montées soit 7000m D+.
Au lever du jour, vers 6h30, le
moral des troupes encore en piste revenait au beau fixe. D’après les
estimations, il s’avérait que Matthys Coutton-Jean, très régulier avec
d’excellents chronos, était le seul à pouvoir réaliser cet exploit. La pression
montait pour lui qui avait fait le choix de repartir à 22h pour profiter d’un
peu plus de sommeil pour la seconde partie. Au final, une décision payante car
il sera le seul à réussir le défi dans son intégralité dans un temps total de
10h17min. « Je n’avais jamais fait ça. C’était beaucoup d’improvisation tout au
long de la course. Une belle victoire que je partage avec mon père qui m’a bien
aidé et motivé sur le camp de base » déclare-t-il du haut de ses 21 ans après
avoir franchi la ligne d’arrivée dans les délais. Après avoir cumulé 17
montées, soit 7500m D+ en 10h29min23s, Olivier Pasteur prend la seconde place
devant Dylan Honnons crédité de 16 montées soit 7000m D+ en 11h46min34s. A
souligner la remarquable performance de Guillaume Cambon qui signe lui aussi 16
montées en 12h09min43s.
Chez les filles, pas de finisher
mais une belle victoire pour la traileuse Fiona Porte qui s’impose après 12
montées soit 6000m D+ en 07h02min15s. « J’étais partie pour m’arrêter juste
après la qualification des 3000. Je me suis finalement prise au jeu et j’ai
réussi à réaliser 3000m D+ de plus. Je suis très heureuse d’avoir participé à
ce défi. C’est une belle découverte mais il faut venir avec un peu plus de
préparation spécifique et un peu plus de fraicheur pour ma part. Cela me donne
vraiment l’envie de revenir avec une préparation mentale plus poussée ». En
seconde position, Coline Pasteur valide 8 montées soit 4000m D+ en 5h16min05s.
La 3ème marche du podium est l’apanage de Violaine Setiey qui rend
une carte de 4 montées soit 2000m D+ en 3h12min13s.
Félicitations à tous ces athlètes
qui ont fait preuve de courage et d’opiniâtreté en allant souvent au-delà de leur
capacité.
La remise des prix de cette
édition 2022 du Millet Everest sera effectuée lors de la finale des Millet Skji
Touring Courchevel le mercredi 23 mars.
Dimitri Colloud et Fiona Porte
lauréats de la 14ème manche de Millet Ski Touring Courchevel
En parallèle de ce défi de folie,
s’est déroulée la 14ème levée des MSTC le samedi 05 mars. Le meilleur des 6
chronos effectués par les participants du Millet Everest lors de la phase de
qualification M3000 était pris en compte pour le classement de cette manche.
Dans ce contexte bien spécifique,
Dimitri Colloud s’impose en 28min15s devant Matthys Coutton-Jean (28min33s) et
Jonathan Lamy (29min41s).
Chez les féminines, Fiona Porte
réalise le doublé en l’emportant dans un temps de 31min19s devant Coline Pasteur
créditée de 38min24s. Pascale Gachet-Mauroz de l’ESF Courchevel Village
s’invite sur le podium en 39min38s. Mention spéciale à la jeune Capucine Le
Corrone (9 ans) qui a réalisé sa 10ème montée de la saison en
47min53s à seulement 30 secondes de son meilleur chrono.
La semaine prochaine, la 15ème
manche des MSTC sera certainement l’occasion pour les amateurs de venir truster
les premières places du podium en l’absence des cadors de la discipline retenus
sur la Pierra Menta. Pour le final de cette 12ème édition des « Millet », le
suspense reste entier jusqu’à son épilogue du 23 mars avec les 8000€ de prize
money et 4800€ de bon d’achats mis en jeu. Lors de cette grande fête du ski
alpinisme qui coïncidera avec l’arrivée du printemps, le déguisement sera de
rigueur pour les participants avec de nombreuses surprises pour agrémenter la
soirée. Le départ de la course est fixé à 18 heures et les festivités
débuteront à 20 heures avec les remises officielles des prix. A partir de 21h,
Louis Bertignac viendra mettre le feu au milieu des paillettes et des
confettis. Le concert est ouvert à tous, participants et spectateurs.
Prochains rendez-vous : Millet
Ski Touring Courchevel mercredi 9 mars 2022
