Lemaitre à fond, Deplanche
impériale sur le Mag Aviron X3 Courchevel 2022
Du beau monde, de belles
histoires. Le triathlon hors norme Mag Aviron X3 de Courchevel a été très dense
en ce dimanche pluvieux, mais surtout très technique.
En 2020, l'aviron indoor a remplacé la natation en eau libre au menu du triathlon d'été de Courchevel. Un remplacement qui est devenu définitif puisque c'est toujours sur l'ergomètre que débute la compétition. En 2021, la Fédération française d'aviron suivait le club organisateur Courchevel Sports Outdoor Triathlon dans l'aventure en signant un partenariat avec le club pour mettre à disposition 100 ergomètres pour l'épreuve : une première européenne !
Plus d'une centaine de participants, qu'ils soient inscrits en individuel ou en équipe, ont ainsi pris le départ de cette course hors norme dans la célèbre station savoyarde. Pour la première fois, l'épreuve d'aviron indoor s'est tenue outdoor, sur le toit du gymnase de l'envolée.
Le départ a été donné sous une
belle averse, imposant aux athlètes de devoir résister aux éléments pendant
qu'ils affrontaient les 6000m de l'épreuve d'aviron. La pluie s'est ensuite
atténuée sur les 2 autres épreuves, cyclisme et trail, jusqu'à l'arrivée jugée
sur la piste d'atterrissage de l'altiport pour aller sonner la cloche, synonyme
de délivrance.
Thomas Lemaitre... du
triathlon
Thomas Lemaitre en a remis une couche après avoir gagné le format Ironman de l'Alpsman, en haute Savoie, le 4 juin dernier. Il est venu à bout des 6km d'aviron, 12,2 de vélo (750mD+) et 9,6 de trail (550m D+/-) en 1h50'20''. « Je n'avais pas fait de rameur depuis 20 ans ! Mais je ne suis pas très bon en natation, l'ergomètre est moins technique. Ce qui m'a permis de sortir seulement quelques minutes après les premiers cyclistes », explique t-il.
Le rameur sociétaire du club «
Aviron Cadurcien » Fabien Delphy prend la seconde place en 1h57'42''
devant Mathieu Merland en 1h58'18''.
Houin et Piqueras dans le top
10
Pierre Houin, champion olympique en aviron aux JO 2016 de Rio, était présent. Il a gagné la médaille en chocolat. S’agissant de son tout premier triathlon, il est surtout venu pour l'épreuve d'aviron sur ergomètre.
Cependant, elle a été difficile : « C'était abominable. C'était horrible, je me suis blessé il y a 10 semaines et j'avais préparé le triathlon avec du vélo en salle et de la course sur du plat... » Il concède toutefois que c'était « fantastique à vivre, mais ça se prépare ! »
L'Annécien Damien Piqueras,
champion du monde d'aviron en 2017, est quant à lui arrivé à la 8ème place
malgré une erreur de parcours.
Laura Deplanche dédie sa
course à Adèle Milloz
Laura Deplanche a réalisé le hat trick grâce à sa troisième victoire sur ce triathlon si particulier de Courchevel. Cependant, elle a failli ne pas venir ce dimanche matin en raison d’un drame survenu à Chamonix (décès accidentel en montagne d’Adèle Milloz le vendredi 12 août) : « Je connaissais Adèle depuis 7 ans, je lui dédie cette victoire », annonce t-elle, les larmes aux yeux.
Les deux jeunes femmes avaient concouru ensemble lors des championnats de France de ski alpinisme. Ce drame aurait pu lui faire manquer la course : « J'ai encore hésité à venir ce matin, mais je me suis dit : il faut que je la fasse pour elle ».
Finalement, cette victoire est tout un symbole pour Laura qui signe le plus bel hommage possible à son amie disparue.
5ème des JO de Rio et 8ème de ceux de Tokyo en aviron 2 de couple, Elodie Ravera prend la seconde place en 2h23'12'' devant une autre rameuse de l'Entente Nautique d'Aix-Les-Bains Aviron Sixtine Paravy en 2h24'28''.
De plus en plus d'équipes au
rendez-vous...
Nombre d’équipes relais
étaient présentes au départ. Le trio du « GAEC Chevrerie des Combettes » de
Pussy composé d'Hugo Billat, Thibault Vocanson et Maxime David l'emporte en
1h51'44'' chez les hommes. Du côté des équipes mixtes, « Les Gicleurs Fous »
avec Antoine Lagouge, Nina Guillaud et Antoine Aflalo décrochent la victoire en
2h00'42''. Marie Geoffroy, Manon Brunelle et Cynthia Louradour s'imposent chez
les filles en 2h53'46''.
La belle histoire : Maxime
Gayet, malvoyant qui prépare Paris-2024
Quant Maxime Gayet, 21 ans, est
arrivé aux côtés de son guide Dany Pinard, l'émotion était à son comble.
Malvoyant à cause d'une maladie dégénérative des yeux, le licencié
d'Issy-les-Moulineaux a réussi à boucler cette course en 2h30'32''.
Le jeune homme prépare Paris-2024 en paratriathlon. Il enchaîne les défis pour s'y préparer. « Un de plus ! » s'est-il exclamé à son arrivée. Il a été guidé tout le long du parcours par Dany qui lui signalait où mettre les pieds en plus de courir devant lui « Un grand merci à Dany parce que, sans lui, je ne ferais pas ce genre de course ».
« On a une relation d’oncle à neveu maintenant, c'est fort. J'espère que le handisport ne sera plus aussi tabou après Paris-2024 qu'il ne l'est maintenant. Il faut être normal, les handisports ne sont pas différents de nous ! », enchaîne Dany Pinard, très ému.
